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Lesbian and Gay Pride de Lille 2014

vendredi 6 juin 2014, par Bruno

PINK BLOCK QUEER FÉMINISTE - LES FLAMANDS ROSES
7 JUIN 2014 - MARCHE DES FIERTÉS de LILLE

La lesbian and gay pride célèbre chaque année les événements survenus à New York il y a quarante-cinq ans : en 1969, dans le Stonewall Inn, un bar fréquenté par des homos, des travestiEs et des trans, des putes et des étrangèrEs, la clientèle refusa de se soumettre à un contrôle de police de routine. Ce refus tourna à l’affrontement puis à l’émeute. Pour rendre hommage au courage et à la détermination des émeutièrEs de Stonewall, en affirmant la fierté de notre communauté LGBTQI, des marches ont lieu chaque année à travers le monde.

Aujourd’hui nous manifestons à la marche des fiertés de Lille sous forme de Pink Block Queer et Féministe pour affirmer notre opposition aux normes de genre et à la violence hétérosexiste que nous impose la société actuelle. Nous ne sommes pas dans la rue pour servir de cible électorale aux éluEs ni de cible commerciale aux marchands.

Nous manifestons aujourd’hui contre les LGBTQI-phobies, qui sont la haine ou l’hostilité contre les personnes LGBTQI et plus généralement contre toutes celles qui ne correspondent pas aux normes hétérosexistes d’orientation sexuelle ou de genre. Elles peuvent prendre diverses formes, des plus insidieuses aux plus brutales : discriminations, propos vexatoires, insultes, diffamations, chantages, violences, agressions physiques, coups et blessures, viols, meurtres. Les LGBTQI-phobies se manifestent aussi sous forme interiorisée : haine de soi, conduites à risques, mal-être notamment lorsqu’on se découvre homo ou trans et peuvent conduire au suicide. Elles peuvent se manifester partout : en famille, sur le lieu de travail, à l’école, dans la rue, par le voisinage, etc.
Depuis 2012-2013, des groupes réactionnaires hétérocrates et fascisants, violemment mobilisées contre nos droits et plus largement contre les outils de réflexion et de déconstruction des inégalités sociales liées au genre, opposés à la loi sur le « mariage pour tous », relayés par les médias, ont décomplexé les discours homophobes et transphobes. La transphobie, omniprésente, est pourtant totalement invisibilisée. Nous sommes furieuSESx de constater la disparition, lors des débats publics, des revendications des personnes trans’ et le malaise que ces revendications suscitent, au point que les projets de loi les concernant tombent aux oubliettes ou sont élaborés sans concertation avec les personnes Trans elles-mêmes et sans les associations Trans, alors que des groupes homophobes et transphobes sont reçus par le Gouvernement et l’ont fait reculer sur les diverses autres promesses du candidat Hollande. Nous exigeons la dépathologisation des transidentités et le remboursement de tous les soins médicaux des personnes trans, la suppression de la mention du sexe sur les documents administratifs, le droit de changer de prénom sur simple demande.

ON VOIT LA VIE EN ROSE, PAS EN BLEU-BLANC-ROUGE :
NOS IDENTITÉS NE SONT PAS NATIONALES !

Si nous voulons que tous les couples qui le souhaitent puissent se marier, nous craignons aussi que le mariage nous impose un modèle dominant et renvoie à leur placard touTEs ceuELLESx qui préfèrent des amours libres ou plurielles, autrement dit le droit de ne pas se marier. Le mariage est aussi un privilège pour de nombreuses personnes soucieuses de préserver un patrimoine, et un instrument au service de la domination hétéropatriarcale que nous, féministes, combattons. Comme d’autres féministes depuis longtemps, nous souhaitons l’abolition du système hétéropatriarcal incarné par l’institution du mariage. En attendant, l’égal accès au droit de nous marier devrait aller de soi plutôt qu’être un sujet de débat.

Nous savons aussi que de « l’égalité des droits », seront excluEs touTEs ceuELLESx qui n’ont pas le privilège de la citoyenneté pour en bénéficier. Même dans son cadre hétérosexuel, le mariage est discriminant pour les couples mixtes FrancaisE-EtrangèrE. De plus, l’égalitarisme républicain ignore complètement les rapports de domination et d’oppression de "sexe", de "race" et de "classe". Car notre identité de genre ou notre orientation sexuelle ne constituent pas toute notre vie et comme bien des habitantEs de ce pays, nous subissons aussi la précarité, le racisme ou le sexisme.

POURQUOI UN PINK BLOCK QUEER FÉMINISTE ?

En occupant la rue à notre façon, avec nos plumes et nos paillettes, avec notre humour, notre colère, et notre joie d’être ensemble, nous voulons dénoncer et saboter les normes et les violences qui nous oppriment.

Nous sommes féministes car la lutte de libération des femmes nous donne des outils pour comprendre et lutter contre les violences sexistes que nous subissons (violences conjugales, viols, agressions sexuelles, notamment).

Nous sommes queer parce que la société binaire actuelle voudrait nous faire rentrer dans des cases (homme-femme/ homo-hétéro) qui nous semblent trop étroites. Nos apparences physiques, nos corps, nos vies amoureuses, nos pratiques sexuelles sont diverses, plurielles et mouvantes.
Le terme queer (bizarre) est au départ utilisé comme une insulte homophobe dans les pays anglophones, de la même façon que l’on dirait "pédé" en français. Pour renverser cette violence à notre encontre, nous choisissons de nous réapproprier ce terme en revendiquant notre déviance vis à vis de la société actuelle et en rejetant le honte : nous sommes trans’, biEs, pédés, gouines, nous sommes queer et nous sommes partout. Pour nous, être queer veut dire dépasser le système de domination qui nous enserre dans des normes, en assumant des choix de vie, des identités, des sexualités, des relations affectives alternatives.

HORS DE LA NUIT DES NORMES, HORS DE L’ÉNORME ENNUI !

La catégorisation homme-femme est le pilier du système familial traditionnel donc hétérosexuel et patriarcal. La plus grande peur des homophobes qui ont cassé nos oreilles ces derniers mois, c’est de perdre les privilèges du système binaire fondé par cette différenciation, dont la remise en question représenterait pour euxELLES « la fin de la civilisation ». À l’origine de l’homophobie et du sexisme c’est bien la différenciation binaire homme-femme qui anime nos ennemis.

Ce système binaire renvoie à une réalité socialement construite, arbitraire et violente qui induit des rapports de dominations asymétriques au profit de la figure mâle hétérosexuelle. Ce système de genre nous impose des normes de comportements, de corps, d’apparence, ... qui traversent l’ensemble de la société. Ainsi la loi du genre nous assigne à l’hétérosexualité d’office et à un genre qui n’est pas forcément le nôtre.

Nous revendiquons au contraire la liberté de nous définir entre ces deux pôles (homme-femme, homo-hétéro) de façon mouvante et multiple comme nous l’entendons. Nous revendiquons la liberté d’être nous-mêmes, de changer, de devenir qui nous voulons, et d’y parvenir comme nous l’entendons.

Nous ne sommes pas dans la rue pour donner une bonne image de nous-mêmes. Nous ne voulons pas nous intégrer à la société actuelle, nous voulons la changer. Nos plumes et nos paillettes rendent hommage à toutes celles et tous ceux dont le courage et le mauvais genre, n’ayant que faire de donner une bonne ou une mauvaise image d’eux ou d’elles-mêmes, ont ouvert la voie vers l’égalité "réelle" de touTEs, en vue de laquelle nous, lesbiennes, gais, biEs, trans, queers et intersexes, luttons encore.

Lille, le samedi 7 juin 2014

Les Flamands Roses

Samedi 7 juin à 19h : Pique-nique des Flamands Roses au jardin Vauban
et à partir de 22h : Soirée gratuite au J’En Suis, J’Y Reste

Dimanche 8 juin à partir de midi : Brunch au J’En Suis, J’Y Reste
Tata Bigoudi, l’émission qui défrise l’hétérocratie, par les Flamands Roses, tous les dimanches de 21h à 22h sur Radio Campus 106,6 FM ou www.campuslille.com

IPNS - Ne pas jeter sur la voie publique