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Rassemblement Solidaire T-DOR - Mercredi 20 novembre 2013

mardi 19 novembre 2013, par Maryan

La journée du souvenir trans’, ou Transgender Day of Remembrance (TDoR) est une journée consacrée à la mémoire des personnes trans’ ayant perdu la vie suite à des actes de transphobie. Cette journée, fondée en 1998 à la mémoire de Rita Hester, assassinée à Allston, aux Etats-Unis, permet non seulement d’honorer la mémoire des personnes tuées par des actes transphobes, mais aussi d’attirer l’attention sur les discriminations subies au quotidien par les personnes trans’ et/ou hors de la binarité des genres. En France, la transphobie, c’est être la cible d’agressions au mieux verbales, au pire physiques, simplement en sortant de chez soi. Mais, outre ces actes isolés, c’est aussi un refus d’accepter l’identité d’une personne sur le plan administratif, le changement du prénom étant difficile et la mention du sexe biologique restant présente sur de nombreux papiers. Cela a pour conséquence des complications pour de nombreuses démarches administratives courantes, comme présenter ses papiers d’identité lors d’un contrôle, ou payer un chèque. Cela complique les dépôts de plainte ou les poursuites d’études. De plus, les discriminations à l’embauche et au logement sont monnaie courante. La psychiatrisation des personnes trans’ implique l’obligation de consulter des équipes de psychiatres et de psychologues afin d’obtenir le droit d’effectuer les changements d’état civil et l’accès aux soins médicaux. Cependant, aucune spécialisation ni aucune sensibilisation en plus des diplômes de psychiatre et de psychologue n’est nécessaire pour devenir psychiatre ou psychologue « spécialiste des personnes trans ». Il suffit pour cela de s’auto proclamer spécialiste, et si certains praticiens sont respectueux des personnes trans, de nombreux autres considèrent toujours les transidentités comme une maladie mentale, et fondent leur diagnostic sur leurs préjugés et stéréotypes, compliquant davantage la vie des personnes qu’ils suivent. La transphobie en France n’est pas reconnue par la loi, ce qui signifie que les discriminations et crimes transphobes ne peuvent être punis comme tels, même s’il est parfois possible d’assimiler le délit ou crime à un acte homophobe. Le collectif Lille STP 2012 se bat pour la déclassification du “transsexualisme” de la liste des maladies mentales reconnues par l’OMS dans la prochaine édition de sa Classification International des Maladies. Nous exigeons aussi que le transsexualisme soit retiré de la classification de l’American Psychiatric Association, l’une des organisation de psychiatres les plus importantes et influentes au monde. Cette classification des personnes trans’ comme malade mentales participe à la stigmatisation de la population trans’ et justifie les discriminations qu’elle subit. Nous revendiquons le droit de pouvoir changer de prénom sans être soumis à un quelconque examen médical ou psychiatrique. Nous demandons l’abolition des suivis psychiatriques, qui constituent une normalisation des personnes en fonction de stéréotypes de genre, imposés aux personnes transgenres et intersexuées. Nous exigeons l’arrêt des opérations "normalisatrices" sur les nouveau-nés intersexués. Nous dénonçons l’extrême vulnérabilité et les difficultés d’accès au marché du travail des personnes transgenres, transsexuelles et de genres fluides. Nous exigeons des garanties d’accès au monde du travail et la mise sur pied de politiques spécifiques destinées à mettre un terme à la marginalisation et à la discrimination de ces personnes. Cette situation de vulnérabilité est encore plus accentuée dans le cas des personnes trans’ migrantes. Nous exigeons l’attribution immédiate de l’asile politique à ces personnes souvent en danger de mort dans leur pays d’origine, tout en revendiquant la pleine égalité des droits pour les personnes migrantes. Même si nous clamons haut et fort que nous ne sommes pas victimes mais maître-sse-s de notre propre identité, nous voulons rappeler toutes les agressions, assassinats et aussi suicides de personnes trans’ causées par la transphobie. Le décès de ces personnes n’est pas une conséquence de la transidentité, mais de la transphobie et du binarisme de genre.