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1er mai 2011

vendredi 29 avril 2011, par Bruno

Manifestation à Lille le 1er mai 2011 - Porte des Postes à 10h.

LUTTES SOCIALES ET MOUVEMENTS LGBT…

40 ans après : où en sommes-nous ?

NOUS SOMMES UN FLEAU SOCIAL !

Il y a 40 ans, le 1er mai 1971, le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (avec en son sein celles qui deviendront les Gouines Rouges), en association avec le Mouvement de Libération des Femmes, participent à la manifestation parisienne de la fête internationale des travailleur-euses. Pour la première fois en france, des personnes lesbiennes, gaies, bies et trans’ (LGBT) décident de se visibiliser au sein du prolétariat. Ils et elles refusent de continuer à passer pour des travailleur-euses hétérosexuel-les aux yeux du monde, et montrent ainsi au grand jour que l’homosexualité et la transidentité concernent les classes prolétaires et que les personnes LGBT peuvent prendre part au mouvement social sans se cacher ni avoir honte.

Environ 500 personnes reprennent en choeur des slogans radicaux tels que : "Prolétaires de tous les pays, caressez vous", "Vive le matérialisme hystérique", "Nationalisez les usines à paillettes", "Notre trou du cul est révolutionnaire", "Famille = pollution, à bas le pouvoir mâle", "Nous sommes un fléau social", "A bas les phallocrates",…

Pendant la manifestation, les gauchistes sont scandalisé-e-s par cette foule extravagante et déterminée qui affirme que le privé est politique et qu’il y a autant de raisons de combattre le patriarcat et l’hétérosexisme que de lutter contre le patronat.

Les réactions homophobes des chefs autoproclamés du prolétariat ne se font pas attendre. La CGT parle de l’homosexualité comme d’une "tradition étrangère à la classe ouvrière" et d’une "perversion bourgeoise". Jacques Duclos (PCF) déclare que "le PCF est sain" et invite les homos à "aller se faire soigner". Par ailleurs, des représentants de la CGT et du PCF s’illustrent par leurs positions contre l’Interruption Volontaire de Grossesse en prétendant que le féminisme est une lutte bourgeoise qui divise la classe ouvrière.

GOUINES ROUGES ET FRONT HOMOSEXUEL D’ACTION REVOLUTIONNAIRE,

CE SONT EUX NOS GRANDS MERES !

Nous, les Flamands Roses, nous situons en filiation avec le FHAR, les Gouines Rouges et le MLF. En 2011, et depuis 1999, nous participons encore à la manifestation du 1er mai. Nous revendiquons notre homosexualité et/ou transidentité avec fierté, tout en étant concerné-e-s par les luttes des travailleur-euses et les luttes anti-capitalistes. Nous continuons de penser que notre trou du cul est révolutionnaire et à vouloir mettre à bas tous les phallocrates.

En 2011, nous sommes aussi toujours confronté-e-s à des réactions homophobes et transphobes de la part de certain-es de nos camarades travailleur-euses et militant-e-s.

De plus, les slogans sexistes et/ou homophobes sont monnaie courante ("Le Pen, enculé !", "Transpole = Transpute", "Nique ta maire", "Salope policière", "UMPD", etc…).

Certains militants de gauche nous ont déjà accusé-es de diviser les luttes lorsqu’on parle d’homophobie et de transphobie alors que nous pointions seulement leurs comportements virilistes.

Nous savons qu’en remettant en cause l’évidence et l’universalité des normes hétérosexuelles, nous invitons à des reflexions sur ce qui est couramment appelé "le privé" et "l’intime". Et chacun-e, nous les premier-es, peut se retrouver gêné-e ou embarrassé-e par l’aspect personnel de ces reflexions. Celles-ci concernent pourtant tout le monde, et chacun-e doit se remettre en question. Nous l’affirmons et l’affirmerons encore : le privé est politique.

Nous ne quémandons pas plus de tolérance mais nous exigeons le respect.

LE PREMIER MAI NOUS APPARTIENT AUSSI

Si nous sommes LGBT, nous ne sommes pas que LGBT. Certain-e-s d’entre nous participent aux luttes sociales de travailleur-euses et prennent part aux mouvements militants comme n’importe qui d’autre. Certain-e-s d’entre nous sont ouvrier-ères et prennent part aux grêves dans leur usines, certain-e-s d’entre nous sont profs et prennent part aux grèves de l’éducation nationale, certain-e-s d’entre nous sont chomeur-euses et prennent part aux mouvements de chomeur-euses, etc…

Ceci dit, en tant que personnes LGBT, nous sommes dans des situations particulières de difficultés et de précarité au sein du monde du travail. Le fait que notre homosexualité et/ou transidentité soit connue publiquement nous rend cibles d’attaques homophobes et/ou transphobes, d’insultes, de railleries, de harcèlements et parfois de licenciements ou de démissions forcées. Les personnes trans’, dont la carte d’identité ne correspond pas forcément à l’apparence, trouvent très difficilement du travail. Les périodes d’essai à rallonge et les contrats précaires nous mettent dans des situations où l’on doit souvent choisir entre risquer d’être viré-e ou cacher notre homosexualité et/ou transidentité.

C’est pourquoi nous revendiquons notre auto-organisation face aux problématiques qui nous sont propres en même temps que notre légitimité à participer à l’ensemble du mouvement social.

Pour ces même raisons, nous sommes solidaires des luttes féministes et des mouvements de personnes racisées, prostituées, sans-papiers, séropositives, … desquels nous pouvons par ailleurs aussi parfois faire partie, étant donné que l’homosexualité et la transidentité existent partout.

Les Flamands Roses (1er mai 2011)