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Les premières années du local... et la suite !

jeudi 17 novembre 2005, par Les Flamands Roses

Octobre 1998 - Octobre 1999

déclaration officielle, premières actions, optimisme grandissant

C’est le 5 novembre 1998 qu’officiellement l’association "J’en Suis, J’y Reste" fut déclarée en Préfecture (lettre du 26 octobre). La parution au Journal Officiel du 28 novembre 1998 / n°1428 indique en objet : "administrer un local inter associatif homosexuel permettant réunions et convivialité".

Nos statuts prévoyaient un Conseil d’Administration composé d’un-e représentant-e par association et un-e pour le collège des adhérent-es (individuel-les ou associatifs) dans lequel un bureau serait élu.

Le premier bureau fut donc : Marilyne T. (Au Lieu d’Elles), présidente, Thérèse D. (Pourquoi Pas ?), vice-présidente, Arnaud D. (Les Flamands Roses), secrétaire, Nathalie R. (les Dé/générées), trésorière.

Quelques actions communes sont organisées comme la projection le dimanche 15 novembre 1998 du film Stonewall retraçant la révolte des gays devant les agressions homophobes subies ou comme des fêtes dansantes (lors d’occasions comme la Lesbian and Gay Pride ou la braderie ou à notre propre initiative) destinées aussi à assurer la survie financière du lieu.

Une année d’ouverture du local, une année d’échanges entre les personnes, une année aussi pour se rendre compte que les personnes qui nous connaissaient avant le déménagement, nous avaient suivi à Moulins.

Octobre 1999-Octobre 2000

8 associations, commission de sécurité

Le deuxième bureau : Bruno B. (Les Flamands Roses), président, Isabeth F. (Collège des adhérent-es), secrétaire, Christelle C. (les Dé/générées), trésorière.

L’association prend de l’ampleur et accueille de nouvelles associations comme Amãl (pour les homos d’origine maghrébine), les Mains Roses (homos sourds) puis les Effeuilleuses (bibliothèque alternative et itinérante). Ce sont alors pas moins de 8 associations qui se réunissent dans un espace devenu presque trop exigu.

L’inter associativité, par contre, ne se déroule pas au mieux. Les militant-es ont fort à faire avec leurs propres associations et hésitent à s’investir dans le local lui-même ou à se réunir pour discuter d’actions communes. De surcroît, la charge financière sur chaque association reste importante. David et Jonathan - section lilloise disparaît.

Par souci de rigueur, et à la demande des Pourquoi Pas ? et des Au Lieu d’Elles, une licence de bar est demandée et une commission de sécurité de la Mairie de Lille fait une inspection dans nos locaux. C’est la première crise que rencontre l’association. Les débats vont bon train sur le problème de l’esprit réglementaire/libertaire, du lien aux institutions et éventuellement de la nécessité de subventions, de l’investissement militant des un-es et des autres (ne serait-ce que pour le ménage), et plus grave, de l’avenir même du lieu. Les Mains Roses arrêtent leurs activités, Amãl rejoint le Centre de Documentation de Patrick Cardon (38bis rue Royale) et les Dé/générées décident de quitter le navire pour rejoindre la MNE (Maison de la Nature et de l’Environnement, 23, rue Gosselet). Un ange passe.

Octobre 2000-Décembre 2001

grande rénovation, CGL, finances

Le troisième bureau : Thérèse D. (Pourquoi Pas ?), présidente, Guillaume D., remplacé à sa démission en juin par Cécile T. (Les Flamands Roses), secrétaire, Nathalie R. (Collège des adhérent-es), trésorière.

L’esprit "J’en Suis, J’y Reste" a le dessus : on se soude pour continuer. On décide finalement de suivre les recommandations de la commission de sécurité et de faire les travaux nécessaires. Ce ne seront pas moins de 200 heures (environ 2 fois 5 heures hebdomadaires à 2 personnes sur deux mois, plus le coup de bourre - j’ose ! - sur la fin), menées essentiellement par Nathalie R. mais bien rejointe par toute une équipe de bricolos, qui seront nécessaires pour redonner sécurité et fraîcheur au lieu. Dalles de polystyrène du plafond inflammables enlevées, électricité refaite, chauffage au pétrole remplacé par des radiateurs électriques, rien n’est omis.

Et c’est à nouveau la grande fiesta le samedi 13 janvier 2001 pour inaugurer les travaux. Les recettes du bar dépassent toutes les prévisions et équivalent - un exemple concret - au prix du lino tout neuf.

Un concours du prochain logo du lieu est lancé ; le vote se tient le 7 avril lors d’une nouvelle fête inter associative. La proposition de Patrick F., inspirée du logo d’autres CGL, l’emporte. Patrick réalisera pour nous toute une ligne graphique.

D’autres fêtes suivront comme l’ouverture le soir du défilé de la Lesbian and Gay Pride ou lors de la braderie.

Sur sa lancée, le J’en Suis, J’y Reste adhère à la Charte des Centres Gais et Lesbiens et devient officiellement CGL le dimanche 22 juillet 2001 à la rencontre inter-CGL qui s’est réunie aux UEEH (Universités d’Eté Euroméditerranéenne des Homosexualités) de Marseille. C’est comme un nouveau départ.

On décide d’en profiter pour communiquer lors de la Lesbian and Gay Pride. 12 000 tracts sont tirés pour l’occasion avec le logo tout nouveau tout beau. Un char à notre enseigne défile. C’est la première Lesbian and Gay Pride du J’en Suis, J’y Reste.

Pour ne pas boire la tasse au plan financier (10 000 FF manquent dans les caisses pour boucler le budget 2001), deux demandes de subvention sont rédigées et adressées à la Ville de Lille (25 000 FF) et à la DDASS (10 000 FF). Elles ne seront pas honorées car elles concernent du fonctionnement et non des projets précis. Copie à revoir.

Le 24 novembre 2001, grand jour symbolique pour notre CGL. Le magazine Têtu décide de faire son étape grand Nord chez nous et vient discuter avec les Lillois. Après-midi d’échanges instructifs où l’on apprend à mieux se connaître et se respecter. Non, les associations ne sont pas anti-Têtu, même si l’information sur nos actions a parfois du mal à passer dans leurs colonnes. Non, Têtu n’est pas une bande de Parisiens-branchés-déconnectés, il en faut de la conviction pour réaliser un journal
1. pour gays
2. et pour lesbiennes
3. financièrement périlleux
4. sans abandonner des articles de fond et des engagements en termes de prévention ou d’avancées juridiques.

En soirée, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent du Nord - bénissent notre local dans un silence absolu et une grande émotion. Pour beaucoup d’entre nous, cela restera un moment très fort.

Avant l’Assemblée Générale, qui finalement se tiendra le 5 décembre suite à des défections les 3 octobre et 7 novembre, le bilan est cependant pessimiste. Seulement trois associations sont alors locataires ; le J’en Suis, J’y Reste est déficitaire et manque cruellement de personnes investies. Sans la petite tribu des Flamands Roses, la réalisation de bien de nos projets ne pourraient pas se réaliser.

Heureusement, nous apprenons que de nouvelles associations nous rejoignent et cela peut être la clef d’un avenir radieux : les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent du Nord, le Sérail Wardi (pour les homos arabes et leurs amis), la Sorcière (femmes et lesbiennes féministes) et la Lesbian and Gay Pride de Lille. Sept associations sont à nouveau dans le même bateau et ne veulent pas tomber à l’eau !

Décembre 2001

7 associations, AG prometteuse du 5 décembre

Le troisième bureau : Marianna A.G. (Au Lieu d’Elles), présidente, Mathieu C. (Collège des Individuel-les), secrétaire, Raphaëlle L. (Les Flamands Roses), trésorière.

Plusieurs décisions sacrément prometteuses sont prises à cette AG du 5 décembre. Un collège des associations accueillies est créé pour leur permettre de se sentir plus chez elles au CGL et d’y avoir un poids plus grand. On décide d’organiser plus de fêtes (2ème samedi du mois au local sous la responsabilité des Pourquoi Pas ?, une grande fête annuelle en mars à la salle du Beffroi pour renflouer nos caisses). Des projets intéressants sont envisagés comme une action autour de la prévention des suicides chez les jeunes homosexuels, une tournée de conférences dans les villes du Nord-Pas-de-Calais pour sensibiliser aux questions qui nous touchent mais aussi faire connaître la vie associative et le CGL etc. Par ailleurs, Mathieu C. se propose de s’occuper de nos relations extérieures et notre communication.

D’autres associations en cours de re-création pourraient éventuellement nous rejoindre prochainement : Act-Up Nord, Les Pierres à Feux ; l’avenir est en fête !

2002 : 7 associations

Le troisième bureau : Marianna A-G (Au Lieu d’Elles), présidente, Mathieu C (Collège des Individuel-les), secrétaire et Raphaëlle L (Les Flamands Roses), trésorière. Un collège des associations accueillies est créé pour leur permettre de se sentir plus chez elles au CGL et d’y avoir un poids plus grand.

L’arrivée prometteuse d’une association d’entraide et de loisirs pour les + de 40 ans et leurs amis, en janvier, les Pierres à Feux, et leur bonne humeur.

On décide d’organiser plus de fêtes (2ème samedi du mois au local sous la responsabilité des Pourquoi Pas ?), qui débuta le 12 janvier. Grand succès pour Ces soirées-là ! Rendez-vous pris désormais tous les deuxièmes samedi du mois.

20 avril : première édition de La Nuit du CGL à la Salle Courmont de 19h00 à 1h00 puis au CGL pour finir la nuit... Soirée dansante inter-associative endiablée jusqu’au bout de la nuit...

Juin : Dans le cadre de la Lesbian & Gay Pride, le CGL se refait une beauté (peinture de la deuxième pièce, installation d’éclairage à exposition) et invite deux expositions.

Et, le 21 Juin, le CGL organise au cinéma l’Univers, rue Danton Lille : une projection vidéo "Être et se vivre homo", et un débat sur la prévention du suicide des jeunes homos avec René-Paul Leraton, coordonateur de l’écoute téléphonique Ligne Azur.

Le 26 Juin, le CGL fait la fête et clôt la Lesbian & Gay Pride.

Septembre : arrivée du Rendez-vous Chrétien, mais malheureusement départ des Au Lieu d’Elles (la plus ancienne association lesbienne du Nord). Le local est également nettoyé, rangé et vidé pour la rentrée ! (un vrai miracle !)

Les 19 & 20 octobre, le CGL tient un stand dans le Boulevard des Asssociations à la Mairie de Lille.

Dans le cadre du Festival de films gais et lesbien "Question de Genre", le CGL invite une exposition, et présente aussi, sous le thème "Jeunes homos", "Fucking Amal", le 30 novembre, à la station Vidéo heure exquise ! Le film sera suivi d’un débat animé par le CGL et le CRSH.

Et, pour clore en beauté cette année riche en émotions, les 14 & 15 décembre, organisation de l’Inter Centre LGBT (rencontre inter-associative des Centres Gais et Lesbiens de toute la France)

2003-... : 6 associations

Le quatrième bureau : Youcef B (Sérail Wardi), président, Thérèse B (Pourquoi pas ?), secrétaire et Raphaëlle L (Collège des Individuel-les), trésorière.

En janvier, retour surprise de David & Jonathan, qui, rappelons-le, était co-fondateur du local inter-associatif "J’en suis, j’y reste" (maintenant CGL Lille).

Le CGL, c’est de l’échange, de l’union solidaire, des projets collectifs, des plaisirs partagés, c’est cet esprit qui irrigue le lieu et fait que chacun-e y est chez elle, chez lui. Alors venez nous rejoindre, vous verrez !