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La grande Histoire du J’en Suis, J’y Reste...

jeudi 17 novembre 2005, par Les Flamands Roses

Les longs préliminaires

L’inter associativité
L’esprit inter associatif s’est vraiment constitué en 1996 à Lille. Les Flamands Roses sont à l’origine de la Lesbian and Gay Pride et cela a convaincu toutes les associations de réactiver le CREH (Collectif Régional d’Expression Homosexuelle) où l’on pouvait échanger entre nous ; cela se déroulait soit au Centre Culturel Libertaire (1/2, rue Denis du péage), soit à la maison de Du Côté des Femmes (19, rue du Cirque).
Or en 1998, plusieurs associations menaçaient d’être SDF en 1998 : les Flamands Roses, Au Lieu d’Elles et les Dé/générées, car d’un côté le Centre Culturel Libertaire de Fives était fermé par son propriétaire et de l’autre la maison de Du Côté des Femmes était devenue insalubre. Quant aux Pourquoi Pas ? ou à David et Jonathan - section lilloise, ils n’avaient pas de local et se réunissaient chez l’un ou l’autre.

La nécessité d’un local

Ces cinq associations impulsèrent alors la location d’un espace inter associatif. Les conditions : qu’il soit bon marché (budget envisagé de 2.500 FF loyer/charges), agréable, facile d’accès (au moins un métro), qu’on puisse s’y réunir à deux associations en même temps (au moins 2 pièces), qu’on ait un accès sur la rue, et qu’on puisse y organiser de petites fêtes sans déranger les voisins.
On avait juste oublié une petite chose : l’homophobie. Les rares portes qui s’étaient ouvertes se fermèrent à l’annonce de notre objet : réunir des associations homosexuelles. C’est Olivier H. qui nous sauva. Il venait d’acquérir un pas-de-porte qu’il voulait rentabiliser en logement. Il prit le risque de nous en louer une partie. Mais nous étions échaudés : à quelle sauce les homophobes allaient-ils nous manger ? Nous avons donc conclu un accord : trois mois d’essais. Si les agressions homophobes étaient insupportables, c’en serait fini de l’aventure.
C’était en mai 1998. Et cela dure toujours ! Il ne fut - pour l’instant et croisons les doigts - même pas nécessaire de protéger les grandes et solides baies vitrées qui donnent aussi son charme au lieu. Ni grilles, ni volets. Le ciel en vue !

Le fonctionnement

Après moultes discussions, on décida aussi d’un nom : le Moulin Rose ?, le Triangle des Bermudes ? Le Rainbow Bar ? Non , ce serait le J’en Suis, J’y Reste, pour dire notre fierté et notre détermination. Pas très dansant, mais sympathique. On décida aussi d’un fonctionnement. On imagina une règle systématique de calcul des loyers : en tenant compte de l’occupation du lieu, du poids financier de l’association et de ses énergies militantes. Un vrai casse-tête. A l’usage, cette règle fut abandonnée. Mais pas facile de déterminer quel loyer doit payer une association. C’est toujours trop cher pour elle et jamais assez pour le J’en Suis !

L’inauguration

Pendant un mois, histoire d’inaugurer le lieu dans la quinzaine culturelle de la Lesbian and Gay Pride de juin, les travaux de rénovation furent menés avec dextérité et bonne humeur. Tout le monde s’y est mis. C’ était bien triste de repeindre au-dessus des grandes fresques des murs mais c’était nécessaire. Quelle couleur choisir ? Une petite réunion. On opta pour du clair, du blanc légèrement teinté. Le quartier était à la fête, content d’une telle énergie dans le quartier Moulins, accueillant, sachant pourtant qui on était. On avait joué la carte de la visibilité. Certains nous rendirent même de petits services. Merci Georges (du bar d’à côté).
Puis ce fut la grande fiesta. Inauguration le 8 juin 1998, en présence de Didier C., conseiller municipal délégué aux Droits de l’Homme de la Ville de Lille, et de plus de cent personnes. Faute de place suffisante, la rue était pleine !