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CP 06/10 : 1er décembre 2006 : journée mondiale de lutte contre le sida

mardi 28 novembre 2006, par Bruno

L’Onusida estime que 39,5 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde en 2006. Ce chiffre est en augmentation par rapport à 2004, alors que le nombre de décès a lui aussi augmenté au cours de la même période. L’Onusida estime encore que les femmes représentent 45 % des personnes infectées.

Le virus du sida concerne tout le monde, quels que soient l’âge, le genre ou l’orientation sexuelle. En ce qui concerne le Nord-Pas-de-Calais et les trois dernières années, l’Institut de Veille Sanitaire indique que les découvertes de séropositivité sont dues à une contamination hétérosexuelle plus fréquemment qu’homosexuelle ou bisexuelle. Cet institut fonde les chiffres qu’il publie sur la déclaration obligatoire du sida. On ne voit apparaître aucune contamination pour les lesbiennes : n’y en a-t-il vraiment aucune ? Aucune donnée ne concerne non plus les personnes transsexuelles.

La situation des personnes séropositives est souvent difficile et méconnue du grand public. Les élans généreux de solidarité volontiers relayés par les médias s’adressent rarement à elles. C’est le cas aussi des campagnes de prévention qui sont le plus souvent concues pour les personnes séronégatives.

Les personnes précaires, ayant des difficultés économiques, sont très vulnérables face au virus du sida. D’abord par le coût élevé du matériel de prévention (préservatifs masculins et féminins, gel, seringues, digues dentaires). Ensuite en raison de difficultés liées à l’accès aux traitements.

En effet, les trithérapies ont été introduites il y dix ans. Dans ces nouveaux traitements, la posologie de certains médicaments a été modifiée. Mais pour maintenir leurs profits, certains laboratoires pharmaceutiques refusent d’adapter les conditionnements des médicaments aux différents usages. Par exemple, le laboratoire Abbott ne commercialise toujours pas la formule sèche de Norvir, c’est-à-dire celle qui ne doit pas être conservée au réfrigérateur. Or ce médicament est aussi utilisé comme "booster", c’est-à-dire que les malades prennent 1 comprimé par jour au lieu de 6 précédemment. Pourtant ce médicament n’est vendu qu’en grosse boîte (coûtant environ 1300 euros remboursés par la sécurité sociale) pour 1 mois de traitement à 6 comprimés par jour, mais pour 6 mois de traitement à 1 comprimé par jour. Comme cette boîte doit de plus être conservée au frais, il faut que les malades disposent d’un réfrigérateur sûr durant toute cette période. Qu’en est-il des personnes ne disposant pas d’un réfrigérateur personnel (car vivant en colocation ou en collectivité par exemple) ? Qu’en est-il également des personnes sans-abri ou sans domicile fixe ?

Dans les pays en voie de développement et en développement, il est très difficile d’accéder aux traitements anti-VIH récents. Certains laboratoires pharmaceutiques s’opposent à la fabrication de médicaments génériques par leurs concurrents locaux.

Les personnes étrangères séropositives vivant en France sont dans une situation très difficile ; elles sont souvent précaires. Le droit de séjour des étrangers a été récemment durci par le gouvernement (loi ceseda de Sarkozy) et le ministère de l’Intérieur a en projet une circulaire limitant encore le droit de séjour des étrangers malades : ceux-ci n’auront plus aucun droit de séjour en France si un traitement est théoriquement disponible dans la capitale de leur pays d’origine. Bien entendu cela ne signifie en rien qu’une fois expulsée, cette personne aura accès à ce traitement. De plus cette circulaire prévoit une violation du secret médical puisque le Préfet devra être informé par les médecins.

Le 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida. Cette journée annuelle est-elle suffisante pour attirer l’attention du public et des médias sur la maladie ?

En ce moment, un peu partout, les villes se parent des illuminations de Noël. A Lille, les lumières de Lille 3000 brillent de mille feux. Pourtant, imaginons que nous éteignions une lampe de toutes ces illuminations pour chaque personne atteinte par le VIH. Alors nous serions plongés dans le noir. La nuit et le froid inviteraient alors à réfléchir sur cette donnée inchangée depuis l’apparition du VIH : LE SIDA TUE.